Ovnis : en France, des experts livrent leurs hypothèses

Introduction

Mes amis du Forum reconnaitront des noms bien connus. Je trouve que Luc Dini pose des questions très pertinentes, notamment lorsqu’il s’interroge sur la nécessite de garder classifiée des informations détectées avec du matériel ancien totalement obsolète…J’ai écouté quelques fois par hasard Dini, et il a clairement de très hautes compétences dans le domaine de l’aviation.

Le rapport (de 350 pages…) n’est pas encore sorti. Seule la table des matières est disponible ici, en attendant le rapport qui suivra.

Impossible pour mes amis français de faire l’impasse sur la MHD…Une contamination de…qui déjà ?

Article

C’est un thème qui monte, qui monte : les UAP ou phénomènes aérospatiaux non identifiés. Des termes utilisés pudiquement en France ou aux Etats-Unis pour désigner les OVNIs, ces objets volants non identifiés que l’on parvient parfois à identifier in fine, et pas toujours comme des objets. Outre-Atlantique, le sujet est pris au sérieux depuis la révélation en 2017 de l’existence d’un programme d’identification des menaces aérospatiales avancées (AATIP) et la déclassification de plusieurs vidéos inquiétantes de l’armée. Alors que la remise au Congrès américain d’un rapport de renseignement sur ces phénomènes approche, une société savante française apporte sa contribution au débat.

Aux membres de l’Association aéronautique et astronautique de France (3AF) dont elle est issue, la commission technique Sigma2 communique mercredi un long rapport, fruit de huit années de recherche de données et d’études de cas. Parmi ses membres actifs, des chercheurs, des ingénieurs, des militaires et l’astronaute Jean-François Clervoy.

« L’objectif est d’apporter un point de vue technique et scientifique sur un certain nombre d’observations », explique son président Luc Dini, ingénieur des constructions aéronautiques. « Je dis bien : point de vue. Ce ne sont pas toujours des conclusions. Il y a beaucoup de points d’interrogation. « 

Tout au long des 377 pages de cet inventaire, auxquelles nous avons eu accès, Sigma2 avance donc avec prudence. La commission n’expose des certitudes que pour les quelques observations pour lesquelles des données suffisantes sont disponibles. Comme dans son analyse de « l’affaire Cougar« , pour laquelle elle a été saisie par une commission dépendant de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) du Chili. Le 11 novembre 2014, un hélicoptère Cougar de la marine chilienne a observé un PAN. « C’étaient des professionnels hautement qualifiés avec de nombreuses années d’expérience, et ils étaient absolument certains de ne pas pouvoir expliquer ce qu’ils voyaient », a affirmé par la suite un membre du comité de la DGAC, interrogé par le Huffington Post. Mais après analyse des données radar et infrarouge, Sigma2 conclut qu’il s’agit d’un Airbus A340

Accélération de la foudre et changements de cap

Dans de nombreux exemples, à l’inverse, la question reste ouverte. Sigma2 dessine les trajectoires, observe les similitudes entre les cas et les compare avec des phénomènes connus. Des témoins ont pris des événements naturels liés à des orages, comme des éclairs en boule, pour des ovnis ?

Certaines histoires pourraient s’en approcher. Le rapport se concentre sur les boules de plasma, cette phase de la matière constituée de particules chargées et dont la foudre en boule serait un cas particulier. Car les observations ne concernent parfois que des sources lumineuses et colorées, et non des véhicules.

Mais, insiste le rapport, ces plasmas, naturels ou artificiels, ne pourraient pas expliquer les accélérations de la foudre, les renversements ou les changements brusques de trajectoire souvent décrits par les témoins d’ovnis. Les engins connus les plus rapides ne seraient pas forcément de bons candidats. Sigma2 oriente ses conclusions « vers des plasmas artificiels qui seraient provoqués par des engins hypervitesse et hypermouvement, hors des limites connues, en tout cas affranchis des lois de l’inertie« . Cependant, la commission ne s’aventure pas à pointer la responsabilité d’un État ou à suggérer une origine exotique….

Le rapport consacre un chapitre à une discipline scientifique appelée magnétohydrodynamique ou MHD.  » La MHD est l’émission d’un champ électromagnétique qui, lorsqu’un objet est en mouvement, va créer une ionisation du gaz « . [NDLR : charger l’air environnant] qui est porté à haute température. Cette température et ce niveau d’énergie sont dopés par le champ électromagnétique et peuvent créer différents effets, à savoir l’atténuation des effets de traînée [NDLR : liés aux frottements avec l’air ou l’eau], c’est la recherche de l’effet aérodynamique, c’est-à-dire la modification de la signature radar, c’est la furtivité », explique Luc Dini. « La MHD dans un milieu dense comme l’eau, ça peut très bien fonctionner. Dans un milieu beaucoup moins dense comme l’atmosphère, il faudrait beaucoup plus d’énergie à bord pour que ça marche, en termes de propulsion « , précise Pierre Bescond, ingénieur général de 2e classe de l’armement et co-auteur. En tant que discipline expérimentale, la MHD n’apporte pas de solution toute faite au problème.

Des scientifiques appelés à se saisir du sujet

Sigma2 constate, dans tous les cas, que des constatations récurrentes pourraient être expliquées par des émissions électromagnétiques, qu’il s’agisse de l’absence de bruit souvent évoquée, d’interférences avec les appareils électroniques, de pertes de mémoire chez certains témoins, du vieillissement de la végétation sur le site… « Les hypothèses sur les causes restent ouvertes et il faut être prudent compte tenu du faible nombre d’échantillons disponibles », préviennent les auteurs.

« Les progrès viendront de la collecte et du partage des données ainsi que de l’intérêt des scientifiques à s’attaquer à l’étude de ces phénomènes en les confrontant aux lois et théories étudiées« , conclut le rapport. « Le problème pour les scientifiques est que de nombreuses observations ne peuvent être reproduites en laboratoire« , note Pierre Bescond.

« Certaines réponses peuvent être trouvées dans les données du passé« , juge Luc Dini. Il évoque le cas du RB-47, un avion de l’US Air Force qui, en juillet 1957, a été suivi sur 1300 km par une « grande lumière brillante » qui émettait des ondes dans le champ radio. « L’objet a été observé visuellement par l’équipage, détecté par les radars au sol, par le radar du RB-47 et par des équipements sophistiqués de guerre électronique qui se trouvaient à bord de l’avion », précise le rapport. Un cas « très intéressant », car bien documenté, mais qui ne dit rien de la nature de cette rencontre, faute de données détaillées.

(Note : Je ne vois pas quelle réponse ils ont trouvé…)

Luc Dini convient qu' »il est tout à fait normal que la Défense américaine protège les informations liées à ses systèmes opérationnels », en particulier ses capacités de détection actuelles. Mais l’ingénieur souligne que, dans ces cas anciens, « la technologie et les équipements sont obsolètes depuis longtemps » : « Ont-ils quelque part les enregistrements qui décrivent précisément les signaux qui ont été enregistrés ? Qu’est-ce qui empêche d’avoir des informations noires sur blanc sur le signal et son analyse ? « 

Sigma2 attend beaucoup de la Task Force UAP, le bureau du Pentagone en charge du rapport américain sur les PAN, qui a suscité de grandes attentes et pourrait être publié vendredi. « Vont-ils partager leurs données ? Vont-ils dire : donnez-nous toutes vos données, nous en ferons bon usage ?  » s’interroge Luc Dini.  » Il y a un certain nombre d’options.  » Ceux qui sont intéressés par le rapport Sigma2, actuellement réservé aux membres et aux adhérents, sont invités à se rapprocher de l’association 3AF. Un résumé d’une vingtaine de pages a été mis en ligne à la fin du mois de mai.

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