Pourquoi n’a-t-on pas proposé à Lue Elizondo de reprendre son poste au ministère de la Défense ?

Publié par Christopher Mellon le 7 janvier 2022 / Traduction par Toledo, tous droits réservés

Lettre ouverte de Christopher Mellon

https://www.christophermellon.net/post/why-hasn-t-lue-elizondo-been-offered-his-dod-job-back

Combien de fois dans votre vie, au travail ou à l’école, vous a-t-on conseillé de « sortir des sentiers battus » ? Ou d’être « courageux, d’avoir des principes » et de « penser indépendamment » plutôt que de suivre le troupeau ? Plus d’une fois, j’imagine. Mais est-ce vraiment un bon conseil ? J’aimerais le croire, mais considérons le cas de Luis Elizondo.

En 2017, après des années de travail désintéressé sur son temps libre pour motiver les gens du DoD et de l’IC à prendre au sérieux la question des UAP, il a finalement démissionné. Il l’a fait parce que ces aéronefs non identifiés violaient régulièrement l’espace aérien américain restreint d’une manière et selon un modèle qui suggéraient que quelqu’un avait réalisé une percée technologique majeure et l’utilisait d’une manière qui constituait une menace potentielle pour les forces américaines. Si cet agent inconnu a des intentions bénignes, pourquoi envoie-t-il ces engins de manière provocante pour tourner autour des navires de guerre américains, apparemment dans l’intention d’être vu et de provoquer une réaction qui révèle nos procédures et capacités de défense aérienne ? Pourquoi espionnent-ils des champs d’essai sensibles du ministère de la défense, des centrales nucléaires américaines, des groupes d’attaque de porte-avions de la marine, l’installation critique de défense antimissile THAAD à Guam, etc.

De toute évidence, il s’agit d’une question très préoccupante. Pourtant, pendant des années, personne au DoD ou à l’IC n’a eu le courage de soulever cette question taboue, quels que soient les faits ou les conséquences potentielles pour nos militaires et notre pays. Finalement, après des mois d’efforts désespérés de la part de Lue pour porter la question devant le Secrétaire à la Défense lui-même, Lue a démissionné en signe de protestation pour attirer l’attention sur le problème.

La lettre de démission de Lue, datée du 4 octobre 2017, date du 60e anniversaire du lancement du Spoutnik, indique :

… Malgré des preuves accablantes aux niveaux non classifiés et classifiés, certaines personnes du ministère restent farouchement opposées à la poursuite des recherches sur ce qui pourrait être une menace tactique pour nos pilotes, marins et soldats, et peut-être même une menace existentielle pour notre sécurité nationale. Dans de nombreux cas, il semble y avoir une corrélation directe entre le phénomène et nos capacités nucléaires et militaires. Le ministère doit prendre au sérieux les nombreux témoignages de la Marine et d’autres services concernant des systèmes aériens inhabituels interférant avec des plates-formes d’armes militaires et dépassant les capacités de la prochaine génération. Sous-estimer ou ignorer ces menaces potentielles n’est pas dans le meilleur intérêt du ministère, quel que soit le niveau de contestation politique. Il reste un besoin vital de vérifier la capacité et l’intention de ces phénomènes dans l’intérêt des forces armées et de la nation. Pour cette raison, à compter du 4 octobre 2017, je présente humblement ma démission en espérant qu’elle vous encouragera à poser les questions difficiles : « qui d’autre le sait ? », « quelles sont leurs capacités ? » et « pourquoi ne consacrons-nous pas plus de temps et d’efforts à cette question ? ».

Depuis la publication de cette lettre, le monde de l’UAP s’est transformé. En 2017, les UAP étaient un sujet tabou dont peu de personnes au sein du gouvernement des États-Unis osaient discuter. Maintenant, nous avons des rapports annuels classifiés et non classifiés mandatés par le Congrès et une législation qui pourrait enfin contraindre le DoD et l’IC à traiter la question des UAP aussi sérieusement que nous le faisons pour des menaces comme les véhicules et les missiles hypersoniques chinois et russes. Les sénateurs américains reconnaissent désormais ouvertement que la technologie UAP observée est, dans certains cas, si avancée qu’on ne peut s’empêcher d’envisager la possibilité qu’elle n’ait pas été conçue par des esprits humains.

Note de Toledo : Malheureusement, cette déclaration n’est suivie d’aucune preuve factuelle à ce jour.

Cette possibilité est maintenant prise au sérieux dans le monde entier grâce à la concordance des efforts du Dr Avi Loeb de Harvard et d’une poignée d’experts de la sécurité nationale américaine.

Note de Toledo : Malheureusement, cette déclaration n’est en rien liée à la déclaration précédente, qui n’a produit aucune preuve. La démarche d’Avi Loeb, aussi passionnante soit-elle, est basée sur des spéculations, aussi passionnantes soient elles. Toutefois à mon avis sa démarche est fondée et doit être encouragée de toutes les manières possibles, car le rapport entre l’investissement (modique…) et le bénéfice en cas de succès est infini.

Lue et moi sommes tous deux honorés de faire partie du projet Galileo du Dr Loeb. Ces conversations sur les UAP, tant du point de vue scientifique que de la sécurité nationale, étaient impensables il y a seulement quelques années. Il s’agit d’un progrès étonnant dans le court laps de temps qui s’est écoulé depuis la démission de Lue.

Note de Toledo : Il est correct d’affirmer que Luis Elizondo a été un déclencheur incroyable qui a remis au gout du jour les OVNIS, malheureusement sans produire de preuves.

On pourrait penser, si les dirigeants du DoD ou du DNI étaient sérieux lorsqu’ils encouragent leurs employés à « sortir des sentiers battus » et à faire preuve de « courage, d’indépendance et de principes », que lorsque quelqu’un met en avant ces caractéristiques dans l’intérêt de la nation, en apportant des éléments ignorés précédemment par la communauté du renseignement dans ce cas, l’apport de cette personne pourrait être reconnu et valorisé afin de transmettre un signal approprié au reste de l’équipe. Pourquoi ne pas, par exemple, reconnaître que Lue avait raison depuis le début, le remercier pour son sacrifice et son service, et lui offrir son ancien poste ?

En réalité, bien sûr, rien de tel ne semble avoir effleuré l’esprit des anciens employeurs de Lue au DoD et à l’IC. Au contraire, malgré le fait qu’il a été prouvé que Lue avait raison sur tout ce qu’il a dit, malgré le fait que la négligence du DoD et de l’IC est maintenant incontestable et fait l’objet d’une enquête de l’IG, l’OSD n’a pas exprimé un mot de remerciement ou de reconnaissance pour l’incroyable réussite de Lue. Au contraire, même s’ils reconnaissent que Lue et une poignée d’autres personnes avaient raison sur le fond, il y a un effort continu pour discréditer Lue émanant du Bureau du Secrétaire de la Défense !

L’argument mesquin de l’OSD, exprimé par Susan Gough, porte-parole de l’OSD, est qu’il n’y avait pas de financement officiel pour la recherche sur l’UAP après 2012, alors comment Lue aurait-il pu être le directeur d’un effort d’investigation sur l’UAP comme il le prétend ? Cela a du sens pour certains bureaucrates qui ne pensent qu’en termes d’argent. Peu importe le fait que Lue a amorcé l’effort pendant des années avec le temps et les ressources disponibles, collaborant avec la Marine pour enquêter sur la question, promouvant l’activité d’enquête inter-agences, en général investissant des quantités extraordinaires de temps et d’énergie, et faisant tout ce qu’il pouvait avec les ressources limitées disponibles. Dans la grande machine, cela ne compte pas si toute la paperasse n’est pas en ordre, quels que soient les avantages ou les résultats ! Je peux me porter garant des efforts de Lue après la fin du financement, comme beaucoup d’autres. Par conséquent, ces attaques ad hominem contre Lue se résument à le critiquer pour être allé au-delà de l’appel du devoir, avoir continué à travailler sur la question et avoir fait ce qu’il fallait, même sans le soutien que lui et la mission méritaient !

Le problème est avant tout le message, et non le messager, à savoir le fait choquant et inattendu que nous avons sur les bras un grave problème de sécurité nationale non résolu. Personne ne peut nier que, sans les efforts de Lue, le public américain et les hauts dirigeants de cette nation seraient toujours dans l’ignorance de cette question épineuse. Donc, au lieu de chercher à le discréditer, pourquoi le DoD et l’IC ne peuvent-ils pas dire : « Merci Lue pour votre courage, votre ténacité et votre volonté de défier la pensée collective et de placer la sécurité nationale au-dessus de tout. Le système a échoué et vos efforts ont permis de rectifier une grave lacune stratégique et une vulnérabilité. » J’ai reçu un certain nombre de récompenses au DoD pour avoir simplement fait mon travail et travaillé dur, je n’ai pas eu à tomber sur une épée comme Lue, pourtant Lue est toujours ostracisé par une bureaucratie obstinée trop fière pour admettre qu’il avait raison et qu’ils avaient tort. La mentalité bureaucratique mesquine reflétée dans les attaques continues contre Lue sont elles-mêmes révélatrices d’un grave dysfonctionnement du gouvernement. 

Il est courant pour les gens d’attaquer le messager lorsqu’ils n’aiment pas le message. Nous devons dépasser cette mesquinerie en politique intérieure et en sécurité nationale. En attendant, pourquoi ne pas féliciter Lue, même s’il a peut-être enfreint quelques règles, en prenant quelques raccourcis, dans ses efforts pour transmettre à nos dirigeants un message d’avertissement attendu depuis longtemps. En attendant, cependant, il est difficile de voir, sur la base de cet exemple, pourquoi quelqu’un au DoD ou à l’IC voudrait « sortir des sentiers battus » ou « défier la pensée de groupe ». En vérité, il semble que tout ce que vous pouvez attendre pour faire l’un ou l’autre, c’est la critique et les attaques ad hominem.

Analyse par Toledo

Il faut tout de même rappeler que c’est Luis Elizondo qui a décidé de quitter le DOD, un peu en crachant dans la soupe ; En Suisse il y aurait une rupture de confiance entre l’employeur et l’employé, et il serait ensuite très difficile – plutôt impossible – De retrouver une activité dans le même domaine.
Il est vrai que les Etats-Unis sont moins catégoriques avec ce genre d’action, mais dans tous les cas le milieu militaire est extrêmement conservateur, et les têtes qui dépassent ont quand même tendances à tomber.

Il suffit de voir la manière dont sont traités Julian Assange, Chelsea Manning ou encore Edward Snowden, pour comprendre que l’absolution semble difficile à obtenir.

Luis Elizondo a échoué dans sa démarche, soit démontrer au monde par ces trois vidéos, que des objets manufacturés par une intelligence non terrestre sillonnaient le ciel.

Ces trois vidéos sont parfaitement explicables de manières très prosaïques ; j’ai eu pitié pour certains de voir à quel point ils ont tordus la réalité pour démontrer que nous avions bien affaire à des soucoupes volantes. Ils ont tous lamentablement échoués.

Toutefois, ces explications prosaïques, même si elles ont de très fortes chances d’être correctes, n’en sont pas des preuves non plus. Il manque des données complémentaires pour tirer une conclusion définitive.

Luis Elizondo a au moins eu le mérite de remettre le sujet à la mode, qui comme on le sait, revient très régulièrement, un peu comme le pantalon à patte d’éléphant.

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